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Je suis certainement fou pour avoir fait ce que j'ai fait...
Mon nom est Fisher Stevens, je suis un DeadStalker. Un enquêteur d'un genre très particulier.
La dernière investigation que j'ai effectuée portait sur Norman Kerry, décédé le 12 janvier 1980 chez lui au 151, Edwood street à Salisbury dans le New Ampshire.
Norman avait été assassiné dans sa maison par Simon Chilver et un complice. Les policiers avaient pourtant eut des aveux et des empreintes, mais Chilver n'a jamais admis la présence de quelqu'un d'autre dans la maison. Et d'autres crimes du même genre continuèrent par la suite.
En août 1995, nous reprîmes l'enquête, le Sensitif de l'équipe conclut que, bien que mort depuis vingt ans, Norman habitait toujours dans sa maison. Ma mission, en tant que Deadstalker était d'en savoir plus sur ce qui s'était réellement déroulé dans cette vieille demeure, et de découvrir l'identité du second criminel.
Le 12 décembre, toute l'équipe était là, avec les amplificateurs de «Trace» et les caméras. Première étape, il fallut d'abord isoler le flux d'ondes émises par Norman. C'était pour cela que tout le personnel présent portait les combinaisons et les fameux casques isolants... Sauf moi. Le casque que je devais porter était truffé d'electrodes à l'intérieur, et relié par des cables à un ordinateur, qui analysait toutes les données de la «Trace» et me les retransmettait.
En fait dans le cas de Norman, je pus avoir l'impression de lire dans les pensées superficielles du défunt... Petit à petit, mon cerveau s'accoutuma à ce flux d'informations, et reçu ces petites impulsions qui me mettaient sur «la même longueur d'ondes» que le fantôme.Pour moi c'était des flashes, des pensées fugitives, impossibles à analyser. Comme on dit : «les vivants ne peuvent comprendre les morts». Je dois ajouter qu'à ce moment j'avais dèjà reçu l'injection de Dropéritol qui m'envoyait dans le coma.
La seconde étape consiste, pour le Deadstalker que je suis, à mourir... Mais ce n'est pas si simple. Sinon je n'aurais pas été volontaire. Il faut tricher. J'étais préparé depuis longtemps. Je décris ce qui a suivi comme une succession d'images, de mouvements et d'actions. Mais je sais qu'il ne s'agit que d'une interprétation de la réalité.
Il fallait donc que je meure. J'étais dèjà un peu dans la peau de Norman, et je commençais à m'habituer aux flashes. Ceux-ci étaient de plus en plus rapprochés. Je savais que, quand j'entendrai le dernier battement de mon coeur, je verrai...
Je m'y attendais, mais j'ai été surpris, je me suis senti plus léger, je «voyais» maintenant. Je savais que je n'allais pas voir toute l'équipe scientifique et mon corps allongé, sans vie... A la place, je voyais la maison de Edwood street telle qu'il y a vingt ans. Je restais là un instant, puis je me suis senti perdu. Je devais fuir, me cacher.
En un instant je reconnu les pensées fugitives de Norman. Pendant ce temps, l'équipe préparait la troisième étape : le flux directeur. J'allais suivre l'esprit de Norman à la trace.
Très vite je passais d'une pièce à l'autre, je sentais que je devais faire vite, j'étais en danger, un danger mortel. Je dérivais ainsi jusqu'à descendre dans la cave. Dans un coin, caché derrière des caisses, je me suis vu, terrorisé... Ou plutôt, j'ai vu Norman Kerry. C'était là qu'il avait du se réfugier avant que Simon Chilver ne le tue. Et une partie de l'esprit de la victime était restée ici, se cachant toujours de ses bourreaux, et se croyant peut-être encore en vie.
J'avais devant moi le «fantôme» qui hantait le 151 Edwood street, et j'étais relié à lui. Or, je cherchais Norman, pas son image. Tout comme il manquait au corps son esprit, il manquait quelque chose au fantôme. La Mort était passée par là, et un élément essentiel avait disparu en laissant un vide, un trou par lequel la vie de Norman, sa vie entière s'en était allée.
Et s'était vers là que je me dirigeais...
On dit qu'au moment de quitter notre monde, on voit sa vie défiler devant ses yeux. C'est presque exact. A ce moment le temps n'existe plus, et on revit tous les moments de son passé, avec la vague sensation de ne rien maîtriser à son destin. Je revivais. J'étais Norman... La naissance, maman, papa, les premiers pas, les premiers mots, des émotions intenses, images, odeurs... C'était le moment le plus difficile de ma mission, mais je n'avais pas conscience d'avoir une mission. Seul mon entraînement de Deadstalker me permettait de garder un peu de recul, et une conscience de mon vrai moi. Il fallait que je me sépare de Norman.
Si j'avais été accompagné par des collègues, j'aurais choisi de rester jusqu'au boût, jusqu'au moment de la confrontation avec la mort, ensuite mes amis m'auraient sorti de là. Mais tout seul, je devais éviter les risques d'assimilation, de parasitage.
Au dixième anniversaire de Norman, il avait reçu une panoplie de policeman, c'était le déclic, je profiterais de ses rêves de carrière. J'aurais en commun avec lui les mêmes souvenirs d'enfance. Et réflechissant à la façon dont j'allais pénétrer dans l'univers-fantôme de Norman, j'ai fermé mon esprit.
ISO.